Voyance : les marabouts

Les marabouts :
Texte : senegalaisement.com
Copyright : senegalaisement.com
<< Comprendre la religion au Sénégal, c'est
avant tout comprendre comment fonctionnent les différentes
confréries maraboutiques du pays. Une confrérie, au sens
sénégalais du terme, est un ensemble de croyants se
réclamant d'un guide spirituel commun, le marabout. Unique
au monde, cette organisation de la religion musulmane au
Sénégal attirent les foudres des plus orthodoxes qui y
voient de la pure idolâtrie envers ces marabouts richissimes
qui n'hésitent pas à s'octroyer des pouvoirs quasiment
divins. En outre, de nombreux Musulmans orthodoxes (souvent
parmi les Peulhs ou les Toucouleurs) pour qui la
représentation graphique de prophètes ou de guides religieux
est sacrilège ont du mal à comprendre ces murs sénégalais
couverts de peintures, d'autocollants et de photos de
marabouts divers. Des marabouts Layènes qui font reculer la
mer, aux marabouts mourides qui marchent sur l'eau, voici
une brève présentation des confréries maraboutiques au
Sénégal.
o Les Mourides
Cette confrérie comporte moins de membres que les Tidjanes
ou les Orthodoxes mais étant la plus bruyante et la plus
vociférante, on la voit partout. L'importance commerciale
des baol-baol, commerçants mourides illettrés, investissant
en masse dans le secteur informel et émigrant dans le monde
entier grâce à l'argent des marabouts, finissent de faire
connaître cette dérivation de l'islam à l'observateur
étranger. Le fondateur, Mamadou Bamba, est né à Mbacké-Baol
en 1853. Il fut un adepte d'abord d'un Musulman orthodoxe,
puis d'un Tidjane avant de créer lui-même sa petite
confrérie en 1895. Dès 1884, il avait réussi à regrouper
autour de lui un nombre grandissant d'adeptes.
L'augmentation rapide de ceux-ci suscita les soupçons des
autorités coloniales qui craignirent que le marabout ne fût
tenté de recourir au Jihad à l'instar d'El-Hadj Omar. Ces
soupçons se trouvèrent d'autant plus justifiés que des
éléments appartenant aux familles royales déchues avaient
rejoint le camp de M. Bamba. C'est pourquoi celui-ci fut
arrêté et déporté au Gabon de 1895 à 1902, puis en
Mauritanie de 1903 à 1907, puis placé en résidence
surveillée d'abord au village de Thièene dans le Djiolof de
1907 à 1912, puis à Diourbel jusqu'à sa mort. Mais le
mouridisme se développa de façon exponentielle plus
particulièrement dans les provinces du Cayor et du Baol,
aujourd'hui régions à cheval des provinces de Kaolack,
Djourbel, Thiès et Fatick.
![]() Un très bon site pour
en savoir plus sur cette confrérie :
http://mapage.noos.fr/alkhidmat/
o Les Baye-Fall : qui sont ces troubadours
que vous voyez demander l'aumône partout dans le pays ?
Souvent habillés d'un grand boubou en patchwork multicolore
et affublés de grigris en tous genres, ils se laissent
pousser les cheveux à la façon dreadlocks des rastafaris. Ce
sont avant tout des Mourides, disciples ou plutôt Talibans
(talibés) des marabouts mourides. Il se disent descendant de
Cheikh Ibra Fall, appelé aussi Lamp Fall ou Baye Fall (Baye
signifiant «père») qui lui-même était le compagnon du grand
Cheikh Amadou Bamba, le premier des Serigne Touba. C'est à
ce titre qu'ils ne font que rarement le jeûne du Ramadan.
Cheikh Amadou Bamba, pour remercier son disciple, exempta
Lamp Fall du jeûne pour le récompenser de ses services. Ses
descendants de fait en sont exempts. Ils ont leur propre
conception de l'islam. Un islam plutôt libéral puisqu'il
n'est pas rare de les voir fumer la Yamba (le chanvre indien
sénégalais). Comme Cheikh Ibra Fall, ils ne vivent que par
et pour leur marabout qui les loge et les nourrit. Tout le
produit de leur mendicité va d'ailleurs à ces marabouts. En
plus de cette tâche quotidienne, ils se rendent chaque année
dans les champs d'arachide des marabouts et cultivent
gratuitement durant toute la saison des pluies. D'un naturel
souriant et bon enfant, ils sont malgré tout bornés et
n'allez surtout pas discuter religion avec eux sous peine
d'en avoir pour plusieurs heures de monologue montrant la
véracité de leur foi. Ils sont pour la plupart issus d'une
classe moyenne sénégalaise dont les jeunes privés de travail
voient dans cette dévotion au marabout un moyen de donner un
sens à leur vie. Certains restent dans la capitale et
principalement sur l'avenue Pompidou très fréquentée des
Européens. Mais la plupart sillonne le pays à pieds recevant
la charité, le gîte et le couvert de la population. Parfois
vous verrez de véritables manifestations composées d'un
groupe d'une vingtaine (ou plus) de Baye Fall chantant et
jouant de diverses percussions.
o Touba : c'est la ville sainte des
Mourides où réside le chef de la confrérie, le Serigne Touba
(qui est un titre et non un nom). Sa mosquée (photo à
droite) est l'une des plus grandes du continent. Cette cité,
qui n'était qu'un village il y a vingt ans, a connu depuis
une explosion démographique sans précédent au Sénégal. Ce
serait, d'après les Mourides, la deuxième ville du pays. En
fait, elle l'est si on compte les nombreux pèlerins de
passage pendant quelques jours. Mais les véritables
résidents sont très peu nombreux compte tenu du prix du
terrain et de la construction qui est l'un des plus élevé du
pays. Tous ces résidants sont donc de riches propriétaires
souvent marabouts. Le rêve du Mouride étant de se faire
enterrer à Touba, on comprend que de nombreux retraités
dépensent leur retraite pour habiter dans la cité où est
enterré Cheikh Amadou Bamba. La ville est moyennement propre
et d'une monotonie unique ! Les maisons individuelles
modernes s'alignent sans aucune originalité et on dirait une
cité surgit au beau milieu du Sahara. Les plantes et arbres
sont très rares. Lors des Magals commémorant les différentes
étapes de la vie de Cheikh Amadou Bamba le nombre de
pèlerins est époustouflant à tel point qu'on a l'impression
que le Sénégal entier est à Touba.
o Les Talibés (talibans) : Ce phénomène,
même s'il n'est pas l'apanage des Mourides, est hélas très
pratiqué par les petits marabouts de cette confrérie. Le
talibé est normalement un simple élève d'une école coranique
qui apprend l'arabe et le coran auprès d'un instructeur.
Aujourd'hui, au Sénégal, il s'agit de milliers de gosses
entre trois et douze ans qui sont envoyés dans tout le
Sénégal pour mendier. Mal nourris, non soignés, non
habillés, c'est un véritable scandale dont s'émeuvent tous
les visiteurs du pays. Les maigres recettes de ces enfants
reviennent évidemment au marabout sous peine d'être punis
avec de bons coups de baguette. Les parents qui confient
leurs enfants à ces marabouts vivent souvent eux-mêmes dans
le dénuement et pensent donner une chance à leur enfant en
lui apprenant le Coran. Le phénomène des marabouts et par là
des talibés engendre tous les futurs criminels du Sénégal.
Les trois-quarts des apprentis dans les transports en commun
et des coxers qui sont des bandits notoires s'affichent avec
des médailles de Sérigne Touba. Soulignons une fois de plus
que les Sérignes Touba déconsidèrent cette pratique honteuse
et qu'il s'agit le plus souvent des petits marabouts
oeuvrant dans les grandes villes (Tidjanes et Mourides
principalement).
o Les Tidjanes
C'est la deuxième confrérie dans le temps et la première en
nombre. Son premier propagateur au Sénégal fut El-Hadj Omar
Tall (1794-1864) qui s'y convertit au cours de son
pèlerinage à La Mecque en 1827 et se considéra comme le
Khalife ou représentant de son fondateur au Soudan
occidental et œuvra dès son retour à sa propagation avec
fougue. Il eut recours aux armes (1852-1864) pour établir un
Etat musulman tidjane et se heurta aux forces
traditionnelles et coloniales. Incapable de mobiliser les
Musulmans et de les amener à le doter d'une force armée
pouvant résister aux troupes françaises et leurs alliés
africains et s'étant impliqué dans un conflit contre les
musulmans du Macina et leurs alliés, le conquérant tooroodo,
en dépit de son courage et sa détermination, périt sans
réaliser son entreprise en 1864. Des marabouts enseignants
qui surent privilégier la voie pacifique tels que El-Hadj
Malick Sy, El-Hadj Abdoulaye Niasse, El-Hadj Abdoulaye
Cissé, etc. réussirent à propager le tidianisme dans le pays
aux XIXème et XXème siècles. La ville sainte du tidjanisme
est
Tivaouane (photo de droite) mais
Kaolack, grâce au rayonnement du grand marabout
Baye Niass, est également un grand lieu de cette confrérie.
Son fils Abdoulaye décédé en mai 2001 (photo à gauche) a
réussi à donner une unité aux Niassènes trop souvent
éclipsés par les grandes gesticulations mourides.
o Les Layènes
La quatrième confrérie fut créée par Libasse Thiaw plus
connu sous le surnom de Limamoulaye (1843-1909). Pêcheur
illettré, Libasse ne s'en lança pas moins dans la
prédication religieuse en 1884 en prétendant réincarner sous
la peau noire le Prophète Muhammad mort à Médine en 632.
C'est pourquoi ses partisans le considèrent comme un
prophète. Sa confrérie se répandit dans la presqu'île du
Cap-Vert notamment parmi les
Lébous, de
Kayar à
Rufisque.
Baye Laye Amoul Mass ,Yallah ko djangueul ( Baye Laye n'a
pas d'égal, c'est Allah qui l'a dit !). Les Layènes
constituent la quatrième confrérie musulmane après les
Tidjanes, les Othodoxes et les Mourides. Chaque année une
grande manifestation se déroule à
Yoff, ville sainte des Layènes où est enterré
Baye Laye, le marabout à l'origine de la confrérie. Ce
tombeau se trouve sur la plage de Yoff et de nombreuses
croyances en font un lieu magique. L'eau avant la mort de
Baye Laye recouvrait parait-il une zone beaucoup plus
importante de la plage. Le tombeau du marabout aurait au fil
des heures repoussé la mer de 200 mètres. Les Layènes ont
eux aussi une conception particulière de l'islam. Les chants
des croyants sont gais et en langue lébou. De nombreux
rassemblements tout au long de l'année vous permettront
d'entendre ces chants où femmes et hommes chantent en coeur
en battant des mains. Voici quelques éclaircissements d'un
lecteur layène qui a eu la gentillesse de nous écrire. Merci
à Libasse Ka. qui nous propose les détails suivants :
«L'enseignement du fondateur de la confrérie Seydina Limamou
Laye (Libasse Thiaw) repose sur le suivi scrupuleux de tous
les préceptes de l¹Islam et notamment les cinq piliers dont
le Ramadan. En plus il apporte des compléments à la pratique
quotidienne. Pour étayer mes propos, ces quelques exemples
suffiront :
1- Les ablutions : Seydina Limamou Laye demande à ses
disciples en lavant leurs pieds de ne pas s¹arrêter à la
cheville comme tout le monde mais de continuer jusqu¹au
genou. Il recommande aussi de faire ses ablutions avant
toute prière reléguant au second plan le « tîme «(*).
2- La prière : En plus de la pratique quotidienne des cinq
prières, le Saint Maître recommande de chanter les louanges
de Dieu avant chaque prière pour qu¹on puisse se détacher de
ce bas monde et communier avec le Seigneur. Seydina Limamou
Laye demande à tout Layène de vivre avec le « Zikr « «(**)
car elle constitue la nourriture de l¹âme.
3- Le Ramadan : Le jeûne en milieu layéne revêt un caractère
particulier vu l¹intensité dans laquelle il est vécu. Le
Ramadan constitue un moment de communion et de
recueillement. Durant cette période, les Layènes célèbrent
chaque soir la nuit du destin (qui n¹est fêté que lors du
26ième jour par les autres musulmans) dans une grande
ferveur religieuse traduisant une volonté de vivre
pleinement les bienfaits de ce mois béni.
Je vous recommanderais vivement de bien lire un ouvrage du
Professeur Assane Sylla intitulé Le Mahdi ce qui vous
permettra de mieux vous imprégner de la doctrine layène qui
mérite d¹être mieux connu.
Libasse Ka.»
(*) tîme : faire ses ablutions de manière mimique.
(**) zikr : chants religieux ( en wolof ou en arabe)
o La Quadiriyya
C'est la représentation la plus orthodoxe des Musulmans au
Sénégal. Loin de l'influence des marabouts talibanisant les
enfants du pays, c'est également la plus tolérante. La
branche animée par la Zawia des Kounta exerça très tôt une
influence durable sur les familles religieuses de l'AOF. La
branche mauritanienne (le mouvement est né au Maroc) dirigée
par la famille du Cheikh Mohammed Fadel a été à l'origine de
l'implantation du mouvement au Sénégal. >>
Les voyants en ligne
Marabout
Marabout
Marabout
Marabout
Marabout
Marabout
Marabout
Marabout
voyance marabout
voyant marabout
medium marabout
marabout sorcier
sorcier marabout
marabout chef
marabout com
marabout africain
marabout senegal
marabout voyant
marabout medium
guide marabout
voyant medium marabout
consultation marabout
annuaire marabout
liste marabout
marabouts
Marabout
Marabouts
secret marabout musulman
marabout arabe
marabout paris
marabout france
marabout belgique
marabout suisse
marabout luxembourg
marabout quebec
|