Header
 
 

Informations sur la parapsychologie

Votre voyance complète et immédiate avec le réseau des voyants

Voyance de qualité par téléphone en France

 

La médiumnité :

 

Le paradigme spirite :

Texte extrait du Reformador de Silvio Seno Chibeni, juin 1994. 

Copyright : S. Seno Chibeni. Jérémie Philippe pour la traduction.

Federaçao Espirita Brasileira. La Revue Spirite. Union Spirite Française et Francophone.

 

 

Professeur de philosophie et théoricien de l'épistémologie. Silvio Seno
Chibeni enseigne à l'Universidade Estadual de Campinas, Saõ Paulo, Brésil.

 

 << La question de la scientificité du spiritisme a été beaucoup discutée dans les milieux spirites. Bien qu'Allan Kardec l'ait abordée de manière précise et complète, nous pensons que des développements récents de la science et dans des lignes non-spirites de recherche sur les phénomènes appelés paranormaux amènent des nouveautés sur la scène des débats. Dans ce travail, nous chercherons et mettrons donc en valeur l'aspect scientifique du spiritisme à la lumière de la philosophie de la science contemporaine, et, plus spécifiquement, des études du philosophe américain Thomas Kuhn.

 

L'épistémologie - est la branche de la philosophie qui s'occupe de l'analyse de la connaissance scientifique : ses fondements, sa compréhension, sa spécificité, son évolution. Ce qui est de grande importance pour nous est la question de ce qui est appelé " le critère de démarcation " entre la science et la non-science ou pseudo science. Cette question a intéressé de près tous les philosophes qui se sont dévoués à l'étude de la science, se détachant particulièrement avec l'apparition de la science moderne au XVIe et XVIIe siècle. À cette époque, les investigations étaient relatives au domaine que nous appelons aujourd'hui la physique. Elles ont conduit à faire un pas notable dans le pouvoir prédictif et explicatif de la science avec notamment les contributions de Galilée, Huygens, Descartes, Newton, entre autres.

 

On défendit alors l'idée, anticipée par Francis Bacon, que le succès de la science était dû à la l'adoption d'une méthode spéciale, la méthode scientifique. L'application de cette méthode constitue la démarcation entre la science véritable et les activités non-scientifiques. L'explicitation, la compréhension et l'élaboration de la méthode scientifique a constitué un sujet de recherche pour les philosophes (qui, dans beaucoup de cas, étaient scientifiques eux-mêmes, la division entre la science et la philosophie étant moins nette qu'actuellement ).

 

Approximativement, on peut affirmer que la question de la méthode scientifique a reçu une réponse plus ou moins uniforme depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu de notre siècle, lorsqu'on a commencé à la mettre en doute. Bien que cela ait été très utile, nous ne disposons pas de l'espace nécessaire ici pour présenter les idées centrales de la conception classique de la science et des critiques qui sont apparues récemment pour sa substitution. Nous dirons simplement que cette conception classique est encore celle qui prédomine chez le public et en grande partie chez les scientifiques. Ensuite, des différences avec les philosophes et les historiens de la science contemporaine sont apparues.

De manière générale, la science classique exige qu'une discipline scientifique parte d'un long processus de collecte de données ou bien d'observation de phénomènes. De ces données résulteraient alors les lois générales qui régissent les phénomènes. Réunies, ces lois formeraient les théories scientifiques. Le progrès de la science s'effectuerait par l'accroissement de nouvelles observations, desquelles résulteraient des lois supplémentaires s'incorporant dans les théories.

 

Dans le processus ainsi schématisé, les assertions suivantes sont essentielles :


1. Dans l'étape de la collecte des données il n'intervient aucune théorie directrice. Les observations sont neutres.


2. De même, les lois résultent des phénomènes par le truchement d'une méthode neutre, objective et infaillible.


3. Les nouvelles lois découvertes tout au long de l'évolution de la science sont toujours complémentaires, jamais incompatibles avec les lois déjà établies.

L'articulation suprême de cette conception traditionnelle de la science avait beau jeu dans le programme philosophique du positivisme logique, qui fleurissait des années 1920 à 1940. Ce programme a atteint des niveaux admirables de sophistication formelle et théorique, venant à exercer une profonde et durable influence sur la place scientifique. À partir de 1934, apparaît un philosophe autrichien, plus tard naturalisé britannique, Karl Popper. Il publia un livre intitulé " la logique de la découverte scientifique ", contenant des critiques incisives de la conception classique logico-positiviste de la science. De telles objections sont passées en grande partie inaperçues jusqu'à la fin des années 1950, lorsqu' une version anglaise du livre est parue, et lorsque le programme du positivisme logique subissait déjà un processus vigoureux d'autocritique depuis plus de deux décennies.

 

Une fois encore, l'espace limité ne permet pas d'exposer ici les critiques de Popper, ou sa conception de la science, connue aujourd'hui sous le nom de falsificationisme. Nous observerons uniquement que le falsificationisme a apporté des restrictions plus ou moins sévères, reprises par les autres philosophies de la science. Parmi elles, les plus importantes sont celles de Thomas Kuhn, Imre Lakatos et Paul Feyerabend. Dans des travaux précédents ( Chibeni 1984, 1988 et 1991), nous avons eu l'occasion de traiter de la philosophie de la science de Lakatos, en rapport avec la question de la science spirite. Ici, nous tenterons d'aborder cette même question à la lumière des idées Kuhniennes de la science. Nous soulignons que pour que la tâche soit accomplie de manière satisfaisante, cette entreprise exige une exposition détaillée de la philosophie de Kuhn, ce qui, évidemment, ne peut pas tenir dans les dimensions d'un article. Nous pensons que ce qui va suivre sera considéré comme une motivation pour des études ultérieures.

 

2. Ébauches de la philosophie de la science de Kuhn :


Kuhn a commencé sa carrière académique en tant que physicien théorique. Il s'est s'intéressé ensuite à l'histoire de la science. Il a mené d'importantes investigations autour des théories scientifiques passées selon une nouvelle perspective historique : il a cherché à comprendre une théorie à partir du contexte de son époque, et non du point de vue de la science d'aujourd'hui. Kuhn a tenu compte du fait que la conception de la science traditionnelle ne s'ajustait pas à la manière avec laquelle la science fonctionne réellement et se développe au cours du temps. Cette perception de l'inadéquation historique des idées usuelles sur la nature de la science l'a conduit finalement à la philosophie de la science. Ces études dans ce domaine sont publiées de manière plus détaillée dans son livre de 1962, " la structure des révolutions scientifiques ". Ce travail a exercé une influence décisive en direction de la philosophie de la science. Bien que dans un langage apparemment accessible, Kuhn avance dans celui-ci des thèses suffisamment sophistiquées sur la connaissance scientifique et sur la connaissance en général. Il reçut des critiques philosophiques diverses tout au long des années. Naturellement, nous n'entrerons pas dans de telles discussions. Nous nous limiterons à exposer de manière simplifiée quelques-uns des points soulignés par Kuhn et qui ont été reconnus tels quels ou avec une altération mineure par la quasi-totalité des philosophes de la science.

L'épine dorsale de la conception Kuhnienne de la science consiste en la thèse que le développement typique d'une discipline scientifique se fait tout au long de la structure ouverte suivante :


phase près-paradigmatique > science normale > crise > révolutions > nouvelle science normale > nouvelle crise > nouvelle révolution, etc.


Nous avons maintenant une explication simplifiée des notions développées dans la chaîne évolutive d'une science.

 

La phase pré-paradigmatique représente, pour ainsi dire, la préhistoire d'une science, période pendant laquelle il règne d'importantes divergences chez les chercheurs, par exemple, quels phénomènes doivent être étudiés et comment ils doivent l'être, lesquels doivent être expliqués et selon quels principes théoriques, des divergences existent sur la manière dont les principes théoriques sont reliés, sur les règles et les méthodes qui doivent diriger la recherche, la description, la classification d'une explication des nouveaux phénomènes, ou le développement des théories, quelles techniques et instruments peuvent être utilisés et lesquels doivent être utilisés, etc. Un tel état des choses dure un certain temps, la discipline n'a pas encore atteint le statut de science ou elle ne constitue pas une science à part entière.

 

Une discipline devient une science lorsque qu'elle acquiert un paradigme, terminant alors la phase pré-paradigmatique et initiant une phase de science normale. Ceci constitue le critère de démarcation proposé par Kuhn qui remplace le critère de la conception classique (ébauché dans la section précédente). Le terme paradigmatique comporte une acception assez élastique dans le texte original de Kuhn, et nous ne pouvons pas ici développer les subtilités de sa signification. Dans un sens usuel, pré-Kuhnien, le terme signifie exemple, modèle. Ainsi j'aime, tu aimes, il aime, nous aimons, vous aimez, ils aiment, est un paradigme de la conjugaison de l'indicatif présent des verbes du premier groupe de la langue française.

 

Kuhn a compris que la transition pour la maturité, pour la phase scientifique, d'une discipline développe la reconnaissance, par une partie des chercheurs, d'une réalisation scientifique exemplaire, qui réunit de manière plus ou moins claire les principaux points de divergence de la phase pré-paradigmatique. La mécanique d'Aristote, l'optique de Newton, la chimie de Boyle, la théorie de l'électricité de Franklin sont entre autres les exemples donnés par Kuhn de paradigme qui ont fait entrer quelques disciplines dans la phase scientifique.

 

Il est difficile d'expliciter, spécialement en peu de phrases, les éléments qui entrent dans la formation d'un paradigme. Kuhn soutient même que cette explicitation ne peut jamais être complète. La raison à cela tient au fait que la connaissance d'un paradigme est, en partie, tacite, acquise par exposition directe de la manière dont le paradigme constitue une science déterminée. Ainsi, par exemple, c'est seulement en faisant de l'optique à la manière de Newton qu'on peut connaître complètement le paradigme optico-newtonien ou en faisant de l'électromagnétisme à la manière de Maxwell que l'on peut connaître complètement le paradigme électromagnétique.

 

Cependant, nous pouvons, afin de baliser les choses, considérer les éléments suivants comme faisant partie intégrante d'un paradigme : une ontologie, qui indique un type de choses fondamentales qui constituent la réalité ; des principes théoriques fondamentaux, qui spécifient les lois générales régissant le comportement de ces choses ; des principes théoriques auxiliaires, qui établissent sa connexion avec les phénomènes et les liens avec les théories des domaines connexes ; les règles méthodologiques, supports des articulations futures du paradigme ; des exemples concrets d'application de la théorie ; etc.

 

Un paradigme fournit, ensuite, les fondements sur lesquels la communauté scientifique développe ses activités. Un paradigme représente une sorte de carte utilisée par les scientifiques dans l'exploration de la nature. Les recherches fermement ancrées dans les théories, les méthodes et les exemples d'un paradigme sont appelées par Kuhn " la science normale ". Ses recherches visent principalement, à l'extension des connaissances des faits que le paradigme identifie comme particulièrement significatifs. Elles améliorent l'articulation ultérieure de la théorie par des ajustements de la théorie aux faits et par l'observation plus précise des phénomènes.

 

Un point important souligné par Kuhn est le suivant : lorsque la carte paradigmatique se trouve être fructueuse et qu'il ne surgit pas d'objections sérieuses dans l'ajustement empirique de la théorie, le scientifique doit persévérer avec ténacité dans son compromis avec le paradigme. Bien que la science normale soit une activité hautement dirigiste, et dans un certain sens sélective, cette restriction est essentielle au développement de la science. On a seulement centré son attention dans une gamme théorique explicative que le scientifique suivra pour aller à fond dans l'étude de la nature. Aucune investigation de phénomènes ne peut être menée à bien avec succès en l'absence d'un corps de principes théoriques et méthodologiques qui permettent la sélection, la validation et la critique de ce qui est observé. Ici, on note une des principales erreurs de la conception classique de la science qui imaginait qu'il est possible de faire des observations neutres. Dans les conceptions contemporaines, on reconnaît que les faits et les théories sont en constante relation d'interdépendance, comme en symbiose, les premières influençant les dernières et celles-ci contribuant à la sélection, la classification, la concaténation, la prédiction et l'explication. En possédant un accord de principe théorique et de règles méthodologiques, le scientifique n'a pas besoin à chaque instant de reconstruire les fondamentaux de son domaine, en commençant par les principes de base et en justifiant la signification de l'utilisation de chaque concept introduit.

 

Kuhn comprend la science normale comme une activité de résolution de puzzles, car, comme pour les puzzles, elle se développe selon des règles relativement bien définies. Sauf évidemment qu'en science, les puzzles sont représentés par la nature. Tout au long de l'exploration d'un paradigme il peut arriver que quelques-uns de ces puzzles se résolvent difficilement. Le devoir du scientifique est d'insister dans l'emploi des règles et des principes paradigmatiques fondamentaux quand il le peut. En utilisant l'analogie précédente, couper par exemple un morceau de pièce du puzzle, ne peut pas être effectué indéfiniment. Quand les puzzles sont sans solution, Kuhn dit que des anomalies se multiplient et résistent pendant de longues périodes malgré les efforts des meilleurs scientifiques. Ces anomalies ont des incidences sur des parties vitales de la théorie paradigmatique.

 

Le temps arrive alors de considérer la substitution du paradigme lui-même. Dans ces situations de crise, des membres plus audacieux et créatifs de la communauté scientifique proposent des alternatives au paradigme. Il y a perte de confiance dans le paradigme en vigueur et de telles alternatives commencent à être prises au sérieux par un nombre croissant de scientifiques. On s'installe dans une période de discussions et de divergences sur les fondamentaux de la science, ce qui rappelle un peu ce qui se passe dans la phase pré-paradigmatique. La différence basique est que même pendant la crise, le paradigme déjà adopté n'est pas abandonné tant que n'en surgit pas un autre qui se révèle supérieur à lui dans pratiquement tous les aspects.

 

Lorsqu'un nouveau paradigme vient se substituer à l'ancien, il arrive ce que Kuhn appelle la révolution scientifique. Une grande partie des thèses philosophiques sophistiquées de cet auteur devient la cible de polémiques entre les spécialistes. Conformément à ce que nous avons déjà dit, nous n'avancerons pas davantage dans ce sens. Le schéma général de la nature de la science que nous présentons ci-dessus représente la contribution la plus consensuelle de Kuhn à la philosophie de la science et il peut être aussi identifié, avec des adaptations principalement terminologiques, à la philosophie de la science de Lakatos, la suivante des deux plus systématiques et importantes tentatives contemporaines de compréhension de la science.

 

3. Le paradigme spirite :

 

Dans ce paragraphe, le lecteur familiarisé avec l'histoire du spiritisme qui a lu, étudié, médité et compris l'œuvre de Allan Kardec aura déjà perçu le fondement de nos thèses principales : l'œuvre de Kardec a constitué un véritable paradigme scientifique, et ce paradigme représente, jusqu'à aujourd'hui, l'unique ligne directrice tout au long de laquelle peuvent se développer des recherches scientifiques sur les phénomènes spirites et sur l'aspect spirituel de l'être humain en général.

 

L'explicitation complète de ses thèses exigerait que nous parcourions toute l'histoire du spiritisme, toute l'œuvre Kardeciste, et les tentatives d'étude des phénomènes spirites à l'intérieur du paradigme spirite. Évidemment, il n'y a pas la place nécessaire pour réaliser une telle entreprise. Nous indiquons juste les quelques points les plus saillants, pour motiver ceux qui voudraient réfléchir sur le sujet.

 

Comme le soulignait Kardec lui-même, quelques-uns des faits les plus significatifs qui servirent de base pour ses recherches étaient connus, bien que de manière imprécise et obscure, depuis les premiers temps de la civilisation humaine. Cependant, il apparaît clairement qu'il n'a pas toujours été l'objet d'études : il n'y avait pas, jusqu'à l'avènement du spiritisme, un paradigme scientifique qui les contienne et qui les intègre dans un corps de principe théorique précis et compréhensible, accompagné de méthodes, critères et valeurs qui définissent des directions le long desquelles des investigations auraient pu cheminer. Ce fut la phase pré-paradigmatique des recherches sur l'esprit.

 

Une telle phase débute avec le travail d'Allan Kardec. Il nous lègue un paradigme admirablement cohérent, sophistiqué, empiriquement adéquate et fertile d'un point de vue heuristique, qui ne laisse rien à désirer au bon succès des paradigmes des sciences ordinaires, comme la thermodynamique, l'électromagnétisme, les théories de la relativité, la mécanique quantique, etc.

 

Comme indication générale et approximative, nous pouvons dire que le livre des Esprits a établi l'ontologie et les principes théoriques de base ; le livre des médiums et la deuxième partie du ciel et l'enfer ont effectué la connexion avec la base expérimentale ; l'Évangile selon le spiritisme et la première partie du ciel et l'enfer ont exploré les répercussions philosophiques du paradigme dans le domaine de l'éthique. La Genèse, les miracles et les prédictions selon le spiritisme et les divers essais dans les oeuvres posthumes et la Revue Spirite ont approfondi des points divers et variés de la théorie, étant entendu que la Revue a également constitué un répertoire d'expériences de grande valeur.

 

Nous pouvons noter que la théorie spirite est accompagnée de quelques éléments vitaux caractéristiques d'un paradigme scientifique légitime. Ceux-ci sont entièrement explicites : critères, méthodes et procédés qui guident la recherche, description et évaluation autant des faits que des principes théoriques auxiliaires. Il y a plus : Kardec nous a fournis en profusion des exemples concrets de problèmes résolus par la théorie spirite, de véritables modèles devant être suivis dans l'abord d'autres problèmes. Nous voyons, en accord avec les conceptions de Kuhn, que de telles applications exemplaires de la théorie remplissent de fait beaucoup de papier pour s'assimiler la réelle essence du spiritisme. Ceux qui ne se penchent pas sur elle, qui inspectent les principes spirites seulement de loin, même de nombreuses fois mais de manière fragmentaire, seront dans l'incapacité de bien juger le paradigme Kardeciste ; ils ne peuvent pas acquérir ce que Kuhn appelle la connaissance tacite de la science spirite.

 

En examinant l'histoire du spiritisme après Kardec, nous voyons que le paradigme initié par lui a poursuivi son développement en tant que science normale. Léon Denis, dans les premiers temps, puis ensuite Bezerra, Emmanuel, André Luiz, Yvonne Pereira, Philomèno de Miranda, entre autres, ont été des chercheurs incarnés ou désincarnés qui ont contribué à l'extension du paradigme dans sa pureté originelle.

Des questions peuvent naturellement être suscitées par la comparaison du paradigme spirite avec le paradigme des sciences ordinaires et celle des révolutions scientifiques. L'histoire montre l'apparition de révolutions dans quasiment tous les parties de la science et on pourrait se demander si le spiritisme ne serait pas lui aussi sujet à une révolution. Ceci est une question délicate, et dans ce petit espace qui nous reste ici nous ne pouvons pas le faire de manière satisfaisante. Notre réponse comporte deux observations principales, que nous esquissons ci-dessous :

 

Premièrement, l'examen dispensé et catégorisé de la situation montre de manière indubitable que le spiritisme n'expérimente pas, et même n'a jamais expérimenté un quelconque processus d'accumulation d'anomalies, qu'il existe très peu dans ses points essentiels, une accumulation de ce qui a constitué selon Kuhn, un pré requis pour le déclenchement d'une crise, capable de justifier la prolifération de théories alternatives et éventuellement, la substitution du paradigme. Nous profitons pour noter ici que, à la vue de ceci, nous considérons comme erreur scientifique toute théorie qui, depuis les premiers temps, a développé ses recherches loin du paradigme spirite. Il n'y a pas de raison scientifique pour cette attitude, qui, rappelons-le a contribué à la dispersion des efforts de manière très préjudiciable à l'avancement de la connaissance, conformément à ce que Kuhn a montré.

 

La deuxième partie de notre réponse passe par l'observation qu'étant donné la nature spécifique du paradigme spirite, nous ne devons pas espérer qu'il sera un jour abandonné ou modifié dans ses principes fondamentaux. La raison de ceci est que, excepté pour quelques principes abstraits, les principes que nous rencontrons se situent souvent au niveau des phénomènes, de telle sorte que, en utilisant la nomenclature philosophique, nous pourrions classer la théorie spirite comme essentiellement phénoménologique. L'exemple le plus clair d'une théorie de ce type dans les sciences ordinaires est la thermodynamique, développée au milieu du XIXe siècle. Etant phénoménologique, elle jouit d'une haute stabilité en comparaison au progrès des autres domaines de la science : elle a traversé indemne les changements radicaux de paradigme ayant eu lieu en physique dans la première décennie de notre siècle. Cette caractéristique de la thermodynamique a beaucoup attiré Einstein (entre autres), qui a cherché à développer sa théorie spéciale de la relativité de manière phénoménologique.

 

En termes simples, nous pouvons essayer d'éclairer ce point en disant que dans les théories non-phénoménologiques (dites théories constructives), que sont les meilleures théories de la physique et de la chimie, le " degré de théoricité " des principes est bien plus élevé ; elles sont bien plus éloignées de l'observation empirique directe. Dans de tels cas, le chemin qui mène des phénomènes jusqu'aux principes théoriques est assez tortueux ; il passe par une série de théories auxiliaires, nécessaires, par exemple, pour traiter du fonctionnement et de l'interprétation des données fournies par les appareils en question. Dans de telles circonstances, l'assurance avec laquelle les principes peuvent être certifiés est évidemment réduite ; il y a, en général, des possibilités plausibles d'explication des mêmes phénomènes par des principes théoriques différents. L'histoire de la physique et de la chimie illustre bien la vulnérabilité de ses théories constructives, qui sont remplacées avec le temps.

 

En ce qui concerne les principes spirites de base, l'existence et la survivance de l'esprit, le libre arbitre, la loi de cause à effet, la réincarnation, etc., la situation est assez différente. Leur confirmation est totalement indépendante des appareils, conformément à ce qu'a souligné Kardec, ce qui est un énorme avantage du point de vue épistémologique, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Ce sont des propositions du même ordre épistémologique que les propositions selon lesquelles le soleil existe, le feu brûle, la ciguë empoisonne, etc. nous notons que l'inférence spirite devant un phénomène d'effets intellectuels ne diffère en rien des inférences que nous faisons à partir des phénomènes ordinaires. Lorsque, par exemple, le facteur apporte un papier sur lequel nous lisons certaines phrases, nous ne nous assurons pas du fait qu'elles ont été écrites par un ami déterminé : lorsque l'on nous relate les faits, ils contiennent des expressions et véhiculent des pensées particulières et intimes. De très nombreux cas de psychographie auxquels nous sommes témoins se passent de la même façon. Cela ne constitue pas une exagération, lorsqu'on affirme la constatation évidente de cas de cette espèce, cela est suffisant pour éliminer les doutes relatifs aux principes de base de la doctrine spirite, de l'existence et de la survivance de l'esprit.

 

Comme si cela ne suffisait pas, la base expérimentale du spiritisme contient encore beaucoup d'autres types de phénomènes, comme la psychophonie, la xénoglossie, les matérialisations, la voyance, la pneumatographie et la pneumatophonie, etc.. Au-delà de ces phénomènes, qui forment une catégorie spécifique parmi les phénomènes spirites, le spiritisme s'appuie également sur d'innombrables phénomènes ordinaires. Nous nous référons, par exemple, à nos inclinations, à nos sentiments, aux particularités de nos relations avec les personnes qui nous entourent, aux événements marquants de notre vie, aux altérations de la personnalité, aux effets psychosomatiques, aux rêves, à l'évolution des espèces et des civilisations, etc.. Nous comprenons que la déconsidération de ce vaste corps d'évidences à l'encontre du spiritisme a engendré son omission d'une partie de ses critiques. Ce sont par eux que l'on a tenté de faire une science non-spirite de l'esprit.

Dans un autre article ( Chibeni 1988 ; voire aussi Chibeni 1986) nous cherchons à montrer que Kardec a possédé un sens scientifique et philosophique très en avance sur son temps. Il a identifier correctement les caractéristiques d'une véritable science, tout en développant ses recherches en accord avec elles. Ceci est clair tant dans l'analyse de son oeuvre, que dans les innombrables déclarations explicites de sa part sur la nature de la science, ce qui rend encore plus lamentable la recherche d'une science de l'esprit en dehors du paradigme Kardeciste, recherches qui se poursuivent encore de nos jours, alors que les avancées de la philosophie et de la science pourraient déjà montrer où elles se rencontrent. >>

 

 

Les voyants en ligne

medium flash

medium France

medium Paca

medium Corse

medium Aquitaine

medium Belgique

medium Brabant Wallon

medium Hainaut

medium Liège

medium Luxembourg

medium namur

medium Luxembourg

medium Suisse

medium Fribourg

medium Genève

medium jura

medium Neuchatel

medium Valais

medium Vaud

medium Canada

medium Quebec

medium Alsace

medium Bourgogne

medium Bretagne

medium Centre

medium Champagne Ardenne

medium Dom Tom

medium Guadeloupe

medium Guyane

medium Martinique

medium Polynesie Francaise

medium Reunion

medium Ile de France

medium Essonne

medium Paris