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Informations sur la tarologie

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La tarologie :

 

Une interprétation du système de correspondance du Tarot divinatoire :

Texte de Jean-Marc Lepers, 1995.

Copyright : Jean-Marc Lepers. Université de Paris VIII (Inter-Institut de Robotique - Anthropologie générative et Modélisation).

 

 

 

Jean-Marc Lepers est un théoricien de la rationalité dans les systèmes de l'hypertextualité des bases de données en informatique. Docteur et Directeur de thèses en Science de l'Information et de la Communication, il enseigne dans les Universités Paris VIII et Paris VII. 

 

Définition : art divinatoire grâce auquel les voyants arrivent à prévoir l'avenir. La tarologie utilise des cartes spéciales : ce sont les cartes du tarot divinatoire. Grâce à ces cartes et à de savantes manipulations, les tarologues sont en mesure de vous apporter des réponses et de vous guider dans vos choix futurs.

 

Généralités :

<< Le Tarot divinatoire est constitué d'un ensemble de 78 cartes ou "lames", dont 22 dites "majeures", et 56 dites "mineures". Les lames "mineures" sont organisées en quatre familles (Bâtons, Coupes, Deniers, Epées) de 14 cartes, dont 4 "figures" (Roi, Dame, Chevalier, Valet) et 10 cartes numérotées de 1 à 10. Les cartes "mineures" ressemblent à peu de choses près à celles de tous les jeux de cartes en usage dans les "jeux" ou les casinos. Les familles ont un sens bien établi (Bâtons : énergie, fécondité, entreprises; Coupes : amour; Deniers : argent; Epées : conflits), mais le sens des cartes numérotées varie énormément en fonction des interprètes et des systèmes numérologiques. Il est très difficile de rattacher ce sens à une tradition ésotérique, la plupart des traditions opérant selon une logique mathématique à base 12 (12 étant multiple de 2, 3 et 4, on peut affecter des sens particuliers aux relations d'opposition, de triangle ou de carré, ce qui est une pratique courante et bien établie en astrologie). Les lames mineures ne semblent donc pas porteuses d'un sens traditionnel établi, sauf à les référencer à un système interprétatif externe à base 10. Il n'en va pas de même des 22 majeures.

Les 22 lames majeures sont constituées d'un numéro (de 1 à 21, une lame, "Le Mat", n'étant pas numérotée), d'une figure symbolique représentant un ou des personnages dans diverses situations, constituée avec un nombre de couleurs limité (chair, rouge, bleu et jaune, parfois un peu de vert), et enfin d'un nom affecté à la carte (sauf pour la carte 13, représentant la Mort, dite parfois la "carte sans nom"). La numérotation des cartes, leur nom et l'ensemble des symboles présents fournissent un grand nombre d'éléments de référence permettant de comprendre le système combinatoire et ésotérique du Tarot.

Il n'existe aucun texte traditionnel décrivant l'organisation interne du Tarot. Par contre, de même qu'en astrologie pour les planètes, les signes zodiacaux, les maisons, l'interprétation des cartes majeures prises une à une est globalement la même pour tous les interprètes. Les méthodes de tirage des cartes ou l'interprétation des tirages peuvent par contre être assez variables.

Comment interpréter un système non rationnel :

Les 22 cartes présentent un répartition relativement équilibrée des figures masculines et féminines, et, à première vue, un ensemble de symboles correspondant à des situations de la vie ordinaire (l'amour, la mort, les accidents, des hommes et femmes dans diverses situations et attitudes). Elles ne donnent pas, de prime abord, l'impression de faire référence à un système ésotérique complexe. Un enfant, ou un illettré, peut sans problème comprendre le sens global d'une carte; il suffit de lui montrer et de lui en expliquer le sens. On pourrait en déduire que le Tarot est un système naïf, peu mathématisé, à la différence des géomancies, de la Kabbale et du Yi King. Le support lui-même peut poser problème à un occultiste croyant à d'anciens savoirs secrets : il s'agit de cartes, donc d'un support qui ne peut pas être très ancien, et qui est un support de jeux (en général, assez fortement liés au hasard). Cette fonction de jeu de hasard ne peut pas être entièrement dissociée du Tarot. La plupart des sociétés traditionnelles, en particulier dans l'espace de l'Est méditerranéen, s'adonnent passionnément aux jeux pour y jouer souvent des sommes très importantes. Comme si la Chance était le seul vrai signe d'élection, supérieur à tout autre. Autant qu'une fonction divinatoire, la carte peut aussi posséder celle de distribuer la fortune.

Mais le charme très particulier du Tarot réside dans les disjonctions constantes entre le nom, le chiffre et la symbolique du dessin des cartes. Le Tarot ne s'explique pas par une combinatoire ou un ordonnancement rigide, comme la géomancie ou la kabbale; au contraire, il s'agit d'un système qui peut sembler volontairement ambigu. Par exemple, la lame Seize, la Maison-Dieu, représente une catastrophe; drôle de nom pour une catastrophe. Pourtant, la lame Cinq, le Pape, représente le pouvoir spirituel, ce qui peut sembler normal. Mais le dit Pape est accouplé à une Papesse (lame Deux), qui ne fait pas vraiment partie des êtres ordinaires de l'espace religieux chrétien. Ou encore, le Un, qui a généralement vocation à représenter l'Unité du divin dans la plupart des systèmes, est dans le Tarot un "Bateleur", ce qui ne fait pas très sérieux pour une puissance créatrice et organisatrice du monde. De même, d'ailleurs, dans les jeux de cartes "de société", les "jokers" ou les "fous" sont les cartes les plus puissantes. Ou encore, l'Amoureux (lame Six), qui pourrait exprimer l'enthousiasme s'il était interprété selon le sens commun, exprime exactement l'inverse : les doutes, les incertitudes.

L'organisation du Tarot, s'il tant est qu'elle existe, n'est sans doute pas réductible à un schéma simple. Il faut pouvoir mettre en correspondance à la fois des chiffres, des noms, des symboles et une tradition interprétative. Chiffres, noms, symboles semblent ne correspondre que par hasard. L'hypothèse selon laquelle l'ensemble du système interprétatif du Tarot, aussi largement répandu et utilisé qu'il l'est, ne serait qu'un collage incohérent d'éléments disparates, serait évidemment tentante si l'on considérait que les expressions de la pensée humaine doivent nécessairement prendre la forme de schémas transparents et bien ordonnés. Cette tentation d'un schématisme dit rationnel est particulièrement forte dans les milieux universitaires, et il n'est pas très étonnant, en l'occurrence, que ce qui s'est défini comme "sciences occultes" ait été condamné aussi bien par les religions monothéistes que par les totalitarismes universitaires qui leur ont succédé.

Plusieurs traditions interprétatives rapprochent les cartes du Tarot de l'"Arbre de Vie", provenant du système de la Kabbale. L'Arbre de Vie et la Kabbale forment un système d'interprétation complet et bien documenté, déjà disponible. Il est évidemment tentant de rapprocher le Tarot d'un système disponible; d'autres traditions rapprochent le Tarot d'une interprétation astrologique, elle aussi bien documentée. De manière très générale, la tendance commune de l'esprit humain est d'intégrer toute donnée dans des systèmes interprétatifs déjà disponibles. En l'occurrence, rien ne prouve cependant qu'il y ait une quelconque relation entre Tarot, Kabbale et Astrologie (les deux derniers n'ayant d'ailleurs entre eux que des relations fort lointaines). Nous préférerons donc considérer le Tarot comme un document brut, incluant une ou des formes structurelles spécifiques que nous allons essayer de mettre en évidence.

Des noms, des chiffres et des icônes :

La numérotation des cartes fournit déjà un indice simple. Numérotées de 1 à 21, elles ne sont divisibles que par les deux nombres premiers 3 et 7. Cette numérotation suggère donc soit une partition en trois ensembles de sept éléments, soit en sept ensembles de trois. Trois et Sept sont des nombres systématiquement présents dans les descriptions traditionnelles du monde occidental : la division entre un monde matériel, humain ou "incarné", un monde spirituel de l'"âme", et un monde cosmique ou "divin" est une structure générale sur laquelle se sont bâties les traditions et les religions originaires de l'espace égyptien et moyen-oriental, quelles que soient leurs formulations particulières. Le nombre Sept se retrouve souvent dans l'espace hébraïque, et assez probablement dans beaucoup d'autres. De manière assez générale, l'étoile à six branches, plus un point central, ou la semaine de sept jours expriment l'idée d'un cycle. Le rythme des lunaisons permet de les découper à peu près en quatre ensembles de sept jours, et aurait supposé que l'on divise l'année en treize mois de vingt-huit jours. C'est pourtant une division en quatre saisons de trois mois, réglée sur les solstices et les équinoxes, qui a été adoptée. La division en quatre ensembles de trois est essentielle en Astrologie; par contre, il semble bien que la division en trois ensembles de sept soit à la base du système du Tarot. Il semble très difficile dans ces conditions de faire communiquer ces deux espaces dont les bases de calcul sont totalement incompatibles.

Prenons donc les sept premières cartes du Tarot. Le Un, ou "Bateleur", représente un jeune homme aux vêtements organisés selon un principe d'opposition de rouge et de bleu (une chaussure rouge, une bleue, etc.), portant un petit bâton rectiligne et un petit cercle, devant une table où sont posés divers objets d'illusionniste. Il signifie un principe de création et de potentialités: on peut facilement l'assimiler au Dieu créateur, le Démiurge, le Un. Le Deux, la Papesse, représente une femme coiffée d'une tiare, tenant un livre couleur chair sur les genoux, habillée d'une robe rouge recouverte d'une cape bleue. Elle représente généralement le principe fécond, la chair, la matrice, la matière. Elle s'oppose bien évidemment au Pape, le Cinq, portant également une tiare plus une canne épiscopale à trois branches, bénissant de la main droite et portant une robe bleue et une cape rouge. Le Pape et la Papesse forment évidemment un couple d'oppositions; la signification du Pape du Tarot, le pouvoir spirituel, opposé à la Papesse, la réalisation charnelle, correspond exactement à la fonction du Pape réel. On notera que la somme du couple d'opposés, Pape et Papesse, donne Sept.

Il en est de même pour un second couple, l'Empereur et l'Impératrice. Le Trois, l'Impératrice, et le Quatre, l'Empereur, obéissent au même code de couleurs vestimentaire que le Pape et la Papesse. L'Impératrice tient de la main gauche un sceptre figurant un globe divisé en trois et surmonté d'une croix, et de la main droite un blason figurant un aigle. L'Empereur a le même blason posé à sa gauche, et tient le même sceptre de la main droite. L'Impératrice signifie l'Esprit (l'Aigle), le mouvement, la pensée, l'écriture, la conception. A l'inverse, l'Empereur signifie la réalisation pratique, la stabilité. Par rapport au couple Pape - Papesse, chacun porteurs d'un seul symbole différent, on peut remarquer que le couple Empereur - Impératrice utilise deux symboles identiques en ordre inversé. Alors que dans le couple Pape - Papesse l'opposition de l'Esprit et de la Matière est totale, dans le couple Empereur - Impératrice chacun s'appuie sur l'un, Esprit ou Matière, du côté gauche,  pour exprimer l'autre par le côté droit.

Le couple d'oppositions se faisant sur la base d'une somme de Sept, l'opposé du Un dans cette structure est le Six, l'Amoureux. L'Amoureux représente un jeune homme en tunique rayée de rouge, de bleu et de jaune, placé entre une femme brune âgée habillée d'une robe rouge à manches bleues, et une jeune fille couverte d'une robe bleue et d'une cape bleue à parement rouge. Au dessus de ce trio, un Cupidon entouré de rayons rouges, bleus et jaunes envoie sa flèche entre le jeune homme et la jeune fille. Cette carte, opposée à celle du Bateleur, exprime en général l'hésitation, la nécessité du choix, ou encore une fatalité opposée à la liberté créatrice.

Les trois mondes :

L'organisation des correspondances se complique cependant quelque peu, du fait que l'on peut penser que les cartes du second groupe de sept ne sont pas totalement indépendantes de celles du premier groupe.

On pourrait imaginer une simple analogie de structure : au Un correspondrait le Huit, au Deux le Neuf, etc. Cependant, les couples produits ne semblent pas porteurs d'opposition faisant sens : ainsi, quel peut être le sens de l'opposition du Neuf, l'Ermite, avec le Douze, Le Pendu ? La relation n'est pas plus claire pour les autres couples potentiels. Ni les noms, ni la symbolique ne nous suggèrent de correspondances.

Par contre, les couples d'opposés donnant pour somme quatorze semblent présenter un sens. Ainsi l'opposition du Un avec le Treize (la Mort), du Deux (la Papesse) avec le Douze (le Pendu). L'opposition du Trois (l'Impératrice) au Onze (la Force) est sans doute moins évidente. Aussi peut-on imaginer que le système d'ordonnancement est peut-être plus complexe.

L'interprétation doit sans doute faire appel au système des trois mondes, commun à la plupart des ésotérismes, ou à la théologie chrétienne de la Sainte Trinité, qui n'est plus familière à la pensée moderne plus habituée à la formalisation dialectique héritée de l'espace grec. Quoique l'on puisse retrouver, dans la formalisation thèse-antithèse-synthèse classique, ou dans la formalisation affirmation-négation-négation de la négation (l'Aufhebung hégélienne), une formalisation qui se prétend logique, mais qui ne se distingue pas radicalement de la vision trinitaire. Il s'agit toujours de poser une "contradiction" entre deux termes supposés antithétiques ( l'Esprit et la Matière, le Capital et le Travail, l'Homme et la Femme, etc.) et de proposer un "dépassement" par l'invention d'un troisième terme imaginaire.

Dans cette perspective, il me faut spécifier la signification des trois groupes de sept cartes, puisqu'il semble que la signification des cartes ne puisse pas être comprise uniquement par les relations internes à chaque groupe, sauf pour le premier. Le second groupe et le troisième sont probablement générés non pas par associativité interne, ou simple reproduction du modèle du premier groupe, mais par relation avec les groupes précédents.

Me référant à mon espace culturel propre dans le domaine, je propose une adéquation entre les trois groupes et la vision trinitaire classique, le premier groupe étant celui des forces créatrices, "le Père", le second étant celui de l'humain, de l'incarné, "le Fils", et le troisième étant celui des forces cosmiques, le "Saint-Esprit". D'autres langages, plus précis, ont cours chez les occultistes, définissant par exemple un "plan astral". La question n'est évidemment pas de savoir quel degré de réalité peut être affecté à ces différents discours. On peut simplement remarquer que la représentation trinitaire du monde est une constante, quelles que soient les querelles sur l'attribution de telle ou telle caractéristique à tel ou tel groupe.

Ce qui est certain en tous cas, c'est que toutes ces représentations du monde sont, dans leur contexte, opératoires. La division trinitaire et géométrique du monde a fourni à l'espace occidental une représentation valide du monde, de même que dans un contexte différent, la représentation binaire telle qu'elle s'exprime dans la symbolique taoïste ou dans le Yi King a fourni un modèle valide et opératoire à l'espace chinois. On ne peut pas douter que ces représentations fonctionnent, ni qu'elles soient constitutives d'une culture. Les ethnologues savent d'expérience que peuvent se créer ainsi des multitudes de représentations du monde et de cultures différentes. Chaque représentation est entièrement valide dans le contexte de la culture dans laquelle elle est utilisée.

Notons au passage que notre représentation trinitaire du monde, incluant à la fois l'idée d'un Paradis, d'une Fin du Monde et celle d'une Apocalypse, ne cesse pas de nous poser problème. La représentation binaire chinoise privilégie à l'inverse l'équilibre des contraires et un cycle de transformations infiniment répété. Je tiens à préciser pour éviter toute éventuelle confusion que la pensée chinoise (taoïsme, Yi King) ne peut en aucun cas être confondue avec le bouddhisme, d'origine hindoue, qui à bien des égards peut être considéré comme un système hybride. Aussi simpliste et réductrice que cette idée puisse paraître, il semble que la différence fondamentale entre les systèmes occidental et chinois tient à une différence dans la base de calcul fondant l'espace des représentations.

Le deuxième monde :

Nous nous sommes arrêtés au Sept, le Chariot, centre et équilibre du premier monde, signifiant donc à la fois un dépassement, un passage, une médiation vers le second monde, le monde proprement humain ou "incarné". Le second monde est une conséquence du premier; il ne lui est pas analogue. Les cartes du second monde ne fournissent pas d'opposition tranchée, comme Pape-Papesse ou Empereur-Impératrice. Cependant, nous disposons d'un indice, la propriété selon laquelle tous les couples de cartes opposées ont la même somme.

On peut donc penser que les cartes vont s'organiser en fonction de la carte d'équilibre du second monde, le Quatorze, la Tempérance. La Tempérance représente un personnage féminin ailé, angélique, tenant deux urnes, l'une rouge de la main droite, l'autre bleue de la main gauche, entre lesquelles circule un fluide. Tout comme le Chariot, cette carte signifie l'équilibre des contraires, cette fois dans le monde incarné, et le passage à un monde supérieur, ailé, qui est celui de l'Esprit.

Cette organisation des nombres en fonction du Quatorze pris comme centre fait également du Sept un nombre médian entre les nombres opposés. Par exemple, le Huit sera opposé au Six, somme Quatorze, médiane Sept. De même pour le Neuf et le Cinq, etc.

Dans ce système de calcul, le Huit, la Justice, est opposé au Six, l'Amoureux. La Justice est une représentation féminine, dotée des attributs traditionnels, le glaive et la balance. Opposée à l'Amoureux signifiant l'indécision, la difficulté des choix, elle signifie clairement les choix, la décision, la réalisation d'un ordre, la solution d'un conflit. L'Amoureux peut être considéré comme une impasse de la Volonté, ou plus exactement la nécessité dans laquelle elle se trouve de devoir s'incarner, ce en quoi il est opposé au Bateleur. Il est opposé à une carte féminine, la Justice, première carte du monde incarné. Comparée au Bateleur, la Justice symbolise la réalisation d'un ordre humain, alors que le Bateleur signifie la multiplicité des possibles.

Le Neuf, l'Ermite, est opposé au Cinq, le Pape. Alors que le Pape suggère un pouvoir spirituel de liaison (le Pape a le pouvoir de "lier" et "délier"), l'Ermite suggère la recherche solitaire et le secret. Les occultistes et initiés y voient souvent une représentation d'eux-mêmes. L'Ermite se soutient d'un bâton appuyé sur le sol de la main gauche, et porte une lanterne à demi-cachée sous sa cape de la main droite. Cette cape est bleue, comme celle des représentations féminines (Papesse, Impératrice) du premier monde, et à l'inverse du Pape et de l'Empereur. L'Ermite correspond bien à la Papesse : celle-ci portait un livre ouvert sur les genoux, et l'Ermite signifie recherche, étude.

Le Dix, la Roue de Fortune, est opposé au Quatre, l'Empereur. On voit sur cette carte un personnage animal couronné et doté d'un glaive, au sommet d'une roue tournante sur laquelle certains personnages sont en train de monter, et d'autres de descendre. La signification de la carte est assez claire : elle met en valeur la fragilité des constructions humaines; la Fortune, féminine, est ici opposée à l'Empereur. Sa correspondance avec l'Impératrice se fonde sur l'idée d'une mobilité; l'Impératrice symbolise la pensée, le mouvement, quand l'Empereur signifiait la stabilité. Rappelons-nous que l'Empereur est représenté s'appuyant sur un blason représentant l'Aigle, l'Esprit.

Le Onze, la Force, représente une jeune femme tenant ouverte la gueule d'un animal. Elle est opposée au Trois, l'Impératrice. On retrouve ici à peu près la même relation que celle du Pape et de l'Ermite : la Force, personnage féminin, est recouverte d'une cape rouge, attribut masculin. La Force signifie la capacité de maîtrise des événements; contrairement à l'Impératrice, elle est orientée vers les réalisations charnelles; elle représente une maîtrise du Lion, l'animal symbolisant l'humain, entre la chair du Taureau et l'Ange représentant l'âme individuelle.

Le Douze, le Pendu, représente un homme suspendu par le pied gauche. Cette carte signifie arrêt, blocage, sacrifice. Elle est opposée au Deux, la Papesse. On peut y lire la limitation de l'incarnation ou les limitations de la matière. Les occultistes mettent cette carte en correspondance avec le sacrifice du Christ, signifiant les limites de la Chair ou de la Matière. Elle correspond évidemment au Pape.

Le Treize, la Mort, est opposé au Un, le Bateleur. La Mort est évidemment la fin du cycle de l'incarnation, la fin du cycle des réalisations. Elle signifie évidemment la destruction, mais également le changement profond et intime.

Nous avons mis en relation chaque carte avec son complément à Quatorze, considéré comme centre du second monde. Chaque carte peut également être mise en relation avec le Sept, considéré comme médiateur entre les deux premiers mondes. Nous sommes en présence d'une structure additive : le Huit dans le second monde correspond au Un dans le premier, le Neuf au Deux, etc. Chaque carte du second monde peut être mise en relation avec deux cartes du premier, dans une relation d'opposition et une relation de correspondance. Passant d'un monde à l'autre, et à des nombres plus élevés qui peuvent être mis en relation de façons multiples avec les nombres précédents par l'utilisation de méthodes additives et soustractives, les cartes deviennent plus complexes, plus ambiguës ou ambivalentes. Il est assez probable que l'ensemble des relations d'une carte doive être utilisé si l'on veut comprendre son sens.

La compréhension du système n'est possible que par compréhension du rôle exact des centres d'équilibre et de passage, définis comme les multiples de Sept. Le sens des trois cartes multiples de Sept, à la fois équilibre des forces d'un plan, et passage à un "plan supérieur", même s'il est assez généralement accepté par les occultistes, coutumiers d'une rhétorique du passage initiatique, peut poser problème à celui qui se réfère à une culture scientifique. Dans la culture scientifique, la notion de dépassement n'existe pas. On pourrait même dire, au vu des méthodes que nous appliquons à la description du monde, que la notion de dépassement, appliquée à des ensembles que nous voyons comme de plus en plus complexes, ne trouverait plus aucun champ sur lequel s'appliquer. Bien entendu, il traîne encore des masses importantes de dialectique dans le domaine dit des sciences humaines, tout comme dans les mondes littéraire et politique. La vision du Tarot est explicitement totalitaire; elle pose un ensemble de symboles allant du Un (le Bateleur) au Monde (Vingt-et-Un), à la Totalité, à travers un parcours impliquant plusieurs dépassements. Les occultismes, proposant tous des visions d'une libération, d'un dépassement, et l'apogée sous diverses formes d'un nouveau Monde, sont forcément totalitaires, mais ni plus ni moins que les adeptes de la "résolution des contradictions", de la "solution finale", voire, plus récemment, de l'"unité par l'acceptation de la différence", du "village global" et des paradis communicationnels.

Il nous faut bien comprendre cette notion de "dépassement", si obscure pour qui n'est pas adepte et si évidente pour qui l'est. Ou, à défaut de la comprendre, puisqu'il s'agit essentiellement d'un acte de foi, d'en saisir clairement la structure et la fonction. Il est toujours assez difficile, évidemment, de décrire sa propre culture, puisqu'elle ne comporte pas les outils de sa propre description. La notion de dépassement, par exemple, est totalement implicite; personne n'a jamais prouvé qu'il existait un quelconque dépassement de quoi que ce soit; pourtant, cette notion est communément acceptée, et utilisée par la plupart des individus, et en particulier par les universitaires non scientifiques, dans leurs activités quotidiennes.

Nous n'avons pas d'autre alternative que d'accepter cette notion comme un outil communément accepté dans l'espace de notre culture, et pas dans d'autres, et donc support en tant qu'outil d'un sens propre, indéfinissable, incompréhensible et pourtant compris spontanément par tous les membres de la culture à travers toutes les organisations pré-conscientes qu'ils se font du monde.

Si je me réfère à ma propre expérience de tireur de cartes, je considère dans le contexte du tirage la description du monde et le sens des cartes comme valides et opératoires, même si par ailleurs, dans le contexte d'une tentative d'analyse scientifique, je peux les considérer comme une description totalitaire (parmi beaucoup d'autres, il est vrai). Même si je ne considère pas la division du monde en Mental, Physique, Astral ou autres comme particulièrement valide, et même si, comme c'est le cas, j'éprouve les plus grandes difficultés à me représenter ce dont il s'agit, je suis pourtant capable de le faire fonctionner localement dans des expériences particulières, et je peux même le faire avec la facilité des activités quasi-réflexes ou spontanées. La spontanéité, en l'occurence, ne fait pas signe d'une quelconque vérité; elle est le signe de l'adéquation du comportement à une culture.

Le Quatorze, la Tempérance, l'Ange, signifie donc le passage au plan supérieur, celui du plan astral ou des forces cosmiques. On y trouve évidemment des symboles métaphysiques, Diable, Maison-Dieu, Soleil, Lune, Etoile, Jugement. Nous reprenons la méthode utilisée pour le plan précédent, c'est-à-dire l'étude du rapport de chaque carte avec son complément par rapport à la carte centrale Vingt-et-Un.

Troisième monde : Le Cosmos :

Le Quinze, le Diable, est la première carte du monde métaphysique. Elle représente un être cornu, ailé, aux attributs sexuels, pénis et seins, apparents, aux pieds duquel se trouvent deux êtres nus, également cornus, affublés d'une queue et d'oreilles animales, enchaînés et les mains liées derrière le dos. Le Diable porte ce qui pourrait être une espèce d'épée dans la main gauche. Il signifie à la fois les liens, les liaisons, et particulièrement tout ce qui apparaît dans les représentations du monde religieuses comme l'attachement à la matière, et particulièrement à la chair. Le Quinze est le complément du Six pour donner Vingt-et-Un. Les cartes représentant plusieurs personnages, et en général un type de liaison entre des personnages et des symboles, sont assez spécifiques. Le Six, l'Amoureux, représente un homme hésitant entre deux femmes. Le Quinze représente un lien puissant. Il est assez curieux de suivre l'évolution du Un, le Bateleur, dans son passage dans les trois mondes. Si le Un représente une énergie libre et créatrice, une potentialité, le Huit (Un plus Sept), la Justice, représente à la fois l'énergie du glaive et l'équilibre de la balance; quant au Quinze, Un plus Quatorze ou Huit plus Sept, il représente un enchaînement.

Le Seize, la Maison-Dieu, représente une tour frappée par la foudre, dont tombent des hommes. Elle est opposée au Pape, le Cinq. Elle signifie les catastrophes, et principalement la destruction des espoirs et des illusions. Plus généralement, en correspondance avec les thèmes religieux, elle signifie la fragilité des constructions humaines. Nous pouvons ici, également, remarquer les évolutions du Deux, la Papesse, matière, incarnation, dans les trois mondes : on passe d'une représentation de la matière comme livre, à lire ou à écrire, à celle de l'étude et de la recherche (l'Ermite), pour en arriver à la destruction de la matière (la Maison-Dieu).

Le Dix-Sept, l'Etoile, représente une jeune fille nue faisant couler une source bleue de deux urnes rouges. Elle signifie l'espoir, la naissance, la renaissance. Elle s'oppose à l'Empereur. L'Impératrice signifiait l'esprit, l'aigle, en tant que puissance de génération des choses. Dans le second monde, elle devient la Roue de Fortune, l'incessante modification du monde humain. Dans le troisième, elle devient une source. Dans la conception religieuse, l'esprit, ou Saint-Esprit, que reçoit l'initié à travers le rite du baptême, n'est pas confondu avec le Créateur. Dans certaines traditions extrémistes, le Démiurge peut même être considéré comme un être mauvais, une puissance d'enchaînement telle qu'elle est exprimée par le Diable, mis à la place originelle dans le troisième monde. A noter qu'à la différence de la Tempérance, équilibrant les fluides de deux urnes de couleur différentes, l'Etoile indique le sens d'un mouvement, d'une direction du fluide. Toutes les traditions religieuses originaires de la Méditerranée orientale, dont nous sommes les héritiers, ont du apporter une réponse au problème de la division dialectique entre l'Esprit et la Matière, le Bien et le Mal, Dieu et l'Homme, etc. La réponse traditionnelle est la position d'un troisième terme, de dépassement, que la tradition chrétienne nommera "Saint-Esprit" ou "Esprit d'Amour", pour le distinguer de l'Esprit tout court, dont on ne peut jamais réellement dire s'il est divin ou luciférien, lumineux ou chtonien.

Le Dix-Huit, la Lune, s'oppose à l'Impératrice, l'esprit. La Lune représente deux chiens hurlant près d'une mare où figure une espèce d'écrevisse. Le bleu domine presque exclusivement dans la carte. La Lune représente les conflits, les rêves, les choses cachées, ce que nous appelons aujourd'hui l'inconscient. Evidemment, l'existence des rêves et de l'inconscient peut poser problème à la réalisation de l'Amour Universel. Les occultistes ne pouvaient pas s'occulter le problème. Ils le résoudront, comme d'habitude, par l'idée d'un dépassement, d'un passage représenté par le Monde, voire par le Mat. Le Quatre, l'Empereur, représentait l'ordre des choses incarnées. Le Onze représentait la Force, la maîtrise des pulsions. Dans le plan métaphysique du troisième monde, ces pulsions ne sont évidemment pas "pures"; elles s'opposent à l'Amour universel.

Le Dix-Neuf, le Soleil, représente à l'inverse l'Amour unissant les hommes. Il ne s'agit pas là, bien sûr, d'un amour au sens physique, mais du principe d'amour, solaire et divin, considéré comme le lien entre les humains dans la tradition chrétienne. Il est opposé au Deux, la Papesse, la matière incarnée. Le Cinq, le Pape, signifiait le pouvoir spirituel, le pouvoir de liaison. Dans le monde physique et humain de l'incarnation, il est représenté par le Douze, le Pendu, le sacrifié. Dans la tradition chrétienne, le sacrifice du Christ est l'acte d'amour suprême; il symbolise la renonciation totale à la matière donnant accès à l'amour universel désincarné.

Le Vingt, le Jugement, représente le Jugement dernier. Un ange lumineux muni d'une trompe fait resurgir des humains aux mains jointes de leur tombe. Cette carte s'oppose au Un, le Bateleur; elle symbolise la fin du cycle qui amènera à la dernière carte, le Monde, ou le paradis. Le Six, l'Amoureux, signifiait le passage à la réalisation concrète, et ses difficultés; le Treize, la Mort signifiait la limite et la fin du cycle terrestre, le Vingt signifie la fin du cycle cosmique et la victoire finale de l'Esprit d'Amour.

Le Monde représente une jeune femme nue se tenant sur le pied droit, entourée des symboles des quatre symboles fondamentaux de la tradition : le Taureau symbolisant la Chair ou la matière en bas à gauche (on retrouve d'ailleurs à peu près la même symbolique dans la Vache taoïste, mais sans le sens relativement péjoratif qui s'y attache dans la tradition chrétienne), le Lion symbolisant l'Humain, mixte de chair et d'esprit (on retrouve ce symbole dans le Onze, la Force) en bas à droite, l'Ange représentant l'âme humaine individuelle en haut à gauche et l'Aigle représentant l'Esprit cosmique en haut à droite. Le Monde représente l'union de tous les contraires, l'harmonie universelle, la chair ressuscitée, lavée de ses péchés et spiritualisée, la Paix et l'Amour universels, l'Or des Philosophes, le Grand Oeuvre, le Paradis, la réalisation de tous les dépassements, la synthèse finale.

Hors-jeu : Le Mat :

Venons-en à la seule carte non numérotée, donc exclue du jeu, le Mat. Elle représente un vagabond, tenant un bâton de la main droite, son baluchon sur l'épaule de la main gauche, poursuivi par un chien qui lui a déchiré sa chausse, et les yeux tournés vers le ciel. C'est la seule carte pour laquelle les interprétations divergent radicalement. L'interprétation la plus courante en fait un fou, un errant, une carte de vagabondage et de détresse. Mais certains occultistes y voient tout au contraire l'accès à un monde hors du monde, une renaissance, voire même le symbole de l'initié authentique, ayant accès à un monde inaccessible au commun.

L'existence même de la carte du Mat implique quelques réflexions. D'abord, l'entreprise totalitaire du monde, pour être totalement cohérente, doit réserver une place spécifique à l'exclusion. Même si l'on élargit au maximum le champ d'application de l'inclusion ("Heureux les faibles d'esprit, car ils verront Dieu", "les derniers seront les premiers", etc., selon le Christ), on ne peut totalement éviter qu'il y ait de l'"irrécupérable" quelque part. Même si la "brebis perdue", pour reprendre une autre parabole christique, occupe de par son exclusion même, et par le problème qu'elle pose à l'espace totalitaire de ce fait, une énorme place dans le dispositif de "sauvetage", rien ne peut empêcher qu'il y ait quand même des fuites qui "posent problème" à l'ordre idéalisé de représentation du monde. La plupart des systèmes ont prévu une place spécifique au fou et à l'errant; place allant de la brebis perdue, exclue ou défavorisée, objet de toutes les attentions charitables et des assistances sociales, à l'hôpital psychiatrique, camp de concentration ou goulag ; mais également, dans le système astrologique aztèque, existe une place spécifique dite du "jeu", place à laquelle rien n'est décidable. L'errant ou le fou, le hors-jeu, le Mat, est l'objet d'une attention particulière dans le système totalitaire : il est soit l'objet d'une attention extravagante visant à le "réinsérer" ou l'"inclure", le faire "participer", soit purement et simplement éliminé. Le système prétend à ce qu'il ne puisse exister des individus qu'il définit comme "exclus" dans sa vision universaliste du monde. A l'intérieur du système totalitaire, qui a vocation de résoudre toutes les contradictions, il n'y a plus d'autre; il n'y a plus que l'Amour universel, ou la Liberté, l'Egalité et la Fraternité universelles. On estimera, selon les cas, soit que les inclus du système sont coupables de ne pas être capables de l'appliquer universellement, ce pourquoi on leur demandera toujours plus de sacrifices, soit que les exclus sont coupables de ne pas vouloir ou pouvoir s'y intégrer, ce pourquoi on les éliminera. Dans la lutte féroce entre les formes du totalitarisme qui a caractérisé le XXème siècle, national-socialisme, communismes, et universalismes d'inspiration chrétienne, à quoi s'ajoute le totalitarisme musulman dont la résurgence violente est probablement dûe à sa confrontation directe avec l'expansion des autres totalitarismes, l'universalisme chrétien semble aujourd'hui triomphant, sous sa forme généralisée et prétendument "laïque" de la déclaration, évidemment universelle, des "Droits de l'Homme". Sa victoire, accompagnée évidemment d'une diabolisation de tous les systèmes concurrents, tous qualifiés de totalitaires, ne doit pas nous faire oublier que s'il peut aujourd'hui prétendre à l'universalité, c'est probablement grâce à une meilleure gestion de l'idée totalitaire, appuyée sur une tradition millénaire sur laquelle ni le national-socialisme, ni le communisme, systèmes qui se voulaient "révolutionnaires", ne pouvaient se fonder.

Cette ambivalence de la position du système par rapport à l'exclu ou le hors-jeu explique la variabilité des interprétations de la carte du Mat. La tradition implique que le plus démuni, le plus exclu, le plus fou puisse être l'image du Dieu. De même, Karl Marx, grand maître de l'application de la dialectique à l'économie, a démontré en une quantité invraisemblable de volumes que la classe ouvrière allait se paupériser, qu'elle serait de plus en plus aliénée, et que donc, comme si cela allait de soi, étant totalement aliénée par un capitalisme sanguinaire, elle pourrait créer une société sans classes, le paradis communiste. Hitler pensait, de même, que la révolution nationale et socialiste du peuple allemand, asservi et humilié par la "ploutocratie juive internationale", image particulière du Mal, lui rendrait enfin la prééminence qui lui était naturelle pour l'établissement d'un nouvel ordre mondial. On ne peut sous-estimer, à l'intérieur de notre système de pensée, la prégnance de ces formulations délirantes qui voient dans les exclus l'avenir du monde, qui voient dans l'esclave l'élu de Dieu, ou dans les produits de la sous-culture des banlieues une révolution culturelle. Il s'agit des dernières expressions d'un délire totalitaire collectif que nous reproduisons depuis quelques millénaires.

 

Pour en finir avec le Jugement de Dieu, le Mat détourne son regard du monde, il s'échappe du cycle de la transcendance. Sans foi ni loi, il est juste hors-jeu; il n'est pas libéré, il ne manifeste pas un dépassement, il ne participe plus. Le Mat manifeste qu'il n'existe pas de discours autre que celui de la transcendance, dans tout l'espace qui s'est constitué sur ce discours. Le Mat exprime soit le silence absolu de qui ne peut plus fonctionner selon l'ordre commun des représentations, soit la dérision et le détachement qui étaient l'apanage des Fous dans la société traditionnelle, avant que l'extension du totalitarisme ne décide de les enfermer, les soigner ou les éliminer. Le Mat est la seule carte ambigüe du Tarot, il manifeste l'existence de cette inquiétude vertigineuse du monde totalitaire face à l'existence d'un ailleurs. Cet ailleurs, cette étrangeté radicale, n'a pas de place dans l'ordre des représentations, et le système ne pouvait être complet, et donc absolument totalitaire, s'il n'inventait une place nulle, incompréhensible et folle, espace vide de sens. L'institution de cet espace nul est essentiel à la plénitude totalitaire universaliste; la notion du Zéro est indissociable de celle d'Infini. Les sociétés non-universalistes, ou non-civilisées, ne connaissent ni l'une ni l'autre de ces notions, ni quoi que ce soit qui puisse ressembler au Mat, ce à quoi la civilisation répondra par exemple qu'il y a des psychotiques partout, mais que ceux-ci deviennent shamanes dans les sociétés qui n'ont pas inventé la psychiatrie. La confondante bêtise de ce propos, pris parmi une infinité de propos du même type, nous éclaire sur deux points : l'un, que la prétention universaliste s'attaque à tous les objets qu'elle peut apercevoir, même de très loin et sans les connaître, et élabore à leur propos des théories validées dans le système dans la mesure même où ces théories sont universalistes; l'autre, que l'élaboration du discours et des théories universalistes a également pour fonction de masquer en permanence leur propre fonctionnement, par l'institution d'un "c'est partout la même chose" faisant prendre pour règle générale ce qui n'est que l'expression d'une représentation particulière du monde, fort dominante il est vrai, en pleine expansion, mais, hélas pour le Paradis, pas encore unique. Le Mat reflète le lieu du divin, ou du divinatoire : il est le lieu du monde, et le monde n'est pas son lieu. >>

 

 

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