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La voyance :
Psychologie et
parapsychologie :
Texte
d'introduction à la conscience invisible de Dean
Radin.
Copyright : Dean
Radin. HarperEdge, NY. Presses du Châtelet, Paris.
Docteur en psychologie, Dean
Radin qui fait autorité dans le domaine de la parapsychologie
expérimentale, dirige le Consciousness Research Laboratory
de l'Université du Nevada. Il occupait précédement un poste au
Département de psychologie de l'université de Princeton.
" La dépendance du
psychisme au cerveau, c’est- à-dire sa limitation
spatio-temporelle, n’est plus si évidente et incontestable que
nous avons été jusqu’à présent portés à le croire... Il n’est
pas seulement acceptable de douter de la validité absolue de la
perception de l’espace-temps ; au regard des faits connus, il
est même impératif de le faire." (Carl Gustav Jung)
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En science, la reconnaissance d’une idée nouvelle
s’effectue suivant quatre phases:
- Phase 1 : les sceptiques
proclament avec assurance que cette idée est impossible, parce
qu’elle viole les lois de la science. Cette phase peut durer des
années ou ces siècles, selon le défi que cette idée lance à la
sagesse « conventionnelle ».
- Phase 2 : les sceptiques
concèdent de mauvaise grâce que cette idée est concevable, mais
qu’elle n’a guère d’intérêt et que les effets constatés sont
extrêmement faibles.
- Phase 3 : l’opinion
majoritaire réalise non seulement que l’idée considérée est
forte, mais aussi que ses effets sont beaucoup plus importants
qu’on ne l’imaginait auparavant.
- Phase 4 : les critiques qui
déniaient tout intérêt à cette nouvelle idée prétendent qu’ils
ont été les premiers à la concevoir. Finalement, plus personne
ne se souvient qu’elle fut autrefois considérée comme une
dangereuse hérésie.
L’idée développée dans ce
livre se situe dans la plus importante et difficile de ces
quatre étapes - la transition de la phase 1 à la phase 2. Bien
qu’elle soit très ancienne, plus d’un siècle a été nécessaire
pour éta- blir qu’elle se conforme aux exigences scientifiques
les plus rigoureuses. Cette démonstration a accéléré la deuxième
phase, et l’on peut déjà entrevoir la troisième...
L’IDÉE
Elle consiste à affirmer que
les expériences humaines fascinantes, troublantes, et parfois
profondes, connues sous le terme de « phénomènes psychiques »
sont bien réelles. Cette assertion ne choque guère la majorité
des humains, qui sont déjà convaincus de l’existence de ces
phénomènes. Mais, ces dernières années, une grande nouveauté
nous a fait dépasser les croyances personnelles.
La réalité des phénomènes
psychiques n’est plus uniquement fondée sur la foi, la pensée
magique ou des anecdotes sensationnelles, ni même sur quelques
expérimentations scientifiques. Nous savons aujourd’hui que ces
phénomènes existent, parce que nous disposons de nouvelles
méthodes permettant d’évaluer les masses de données
scientifiques accumulées au cours d’un siècle par une multitude
de chercheurs.
Les phénomènes psychiques, ou
« psi », se classent en deux grandes catégories. La première
comprend la perception d’objets ou d’événements au-delà du champ
ordinaire des sens. La seconde comprend l’influence à distance
de l’esprit sur la matière. Dans ces deux catégories, il semble
que l’intention, la volonté, soit capable d’accomplir des choses
aujourd’hui jugées scientifiquement impossibles. Lorsqu’on
s’inquiète pour ceux que l’on aime, on parvient parfois, de
manière inexplicable et quelle que soit la distance qui nous
sépare, à savoir ce qui leur arrive.
Lorsqu’on souhaite
sincèrement qu’un être cher recouvre la santé, il arrive parfois
que cette personne se rétablisse plus rapidement, même si l’on
est loin d’elle. Quand la volonté agit, maintes choses
improbables semblent devenir possibles. La compréhension de
telles expériences demande une vision plus vaste de la
conscience humaine. L’esprit est-il seulement une masse de
neurones capables de traiter mécaniquement l’information ? Un
« ordinateur de chair », comme le croient certains
neuro-biologistes ou épistémologistes ? Ou est-il davantage ?
Tout un faisceau de preuves suggèrent que, si de nombreux
aspects du fonctionnement mental sont sans aucun doute liés à la
structure du cerveau et à l’activité électrochimique, il se
passe aussi autre chose, et d’un immense intérêt.
EST-CE BIEN RÉEL ?
Dans tous les débats sur la
réalité des phénomènes psychiques, surtout dans une perspective
scientifique, la même question revient toujours à
l’arrière-plan : est-on certain de leur existence ? Malgré
toutes les âneries qui circulent à propos des phénomènes
psychiques, malgré l’usage abusif du terme « parapsychologie »
employé par des « investigateurs » autoproclamés du
« paranormal », malgré tout le folklore dérisoire des magiciens
et des illusionnistes... ces phénomènes seraient tout de même
bien réels ?
La réponse tient en un mot :
oui ! Pour être plus explicite, l’existence du psi a été
démontrée par des milliers d’expérimentations. Des différences
subsistent concernant l’interprétation de ces preuves, mais
presque tous les scientifiques qui ont examiné les données, y
compris les sceptiques endurcis, reconnaissent aujourd’hui qu’il
se passe quelque chose d’intéressant, qui mérite une attention
scientifique soutenue. Nous verrons plus loin pourquoi si peu de
scientifiques et de journalistes scientifiques sont conscients
de cette évolution significative parmi les gens informés.
LE CHANGEMENT DES
OPINIONS
Le signe le plus clair de ce
passage de la phase 1 à la phase 2 est le changement progressif
de l’attitude de sceptiques notoires. Dans un livre débordant de
sarcasmes publié en 1995, le regretté Cari Sagan, de la Cornell
University, poursuit la mission qu’il s’est assignée tout au
long de sa vie : contribuer à l’éducation scientifique du
public. Dans cet ouvrage, il se moque de l’hystérie populaire
focalisée, aux États-Unis, sur les « enlè- vements
extraterrestres », les guérisons miraculeuses, le « visage » sur
Mars, bref, sur pratiquement tout ce qui s’entasse dans les
rayons « New Age » de la plupart des librairies. Pourtant, parmi
les 450 pages de cet ouvrage, se trouve un paragraphe dans
lequel on découvre cette étonnante concession :
« Au moment où j’écris, il me
semble que trois hypothèses relevant du domaine de l’ESP [la
perception extrasensorielle] méritent une étude attentive : 1)
la pensée humaine peut affecter, ne serait-ce que faiblement,
les générateurs de nombres aléatoires dans les ordinateurs ; 2)
des sujets soumis à une légère privation sensorielle peuvent
recevoir des pensées ou des images qu’on leur "projette" ; 3) de
jeunes enfants rapportent quelquefois des détails d’une vie
antérieure, que les vérifications confirment et dont ils ne
peuvent avoir eu connaissance autrement que par une
réincarnation2. "
D’autres indices d’un
semblable changement d’opinion se multiplient dans les
publications scientifiques. A partir des années 80, des revues
aussi célèbres que Foundations of Physics, American Psychologist
ou Statistical Science ont publié des articles en faveur d’un
réexamen scientifique des phénomènes psychiques. Proceedings of
thé IEEE, l’organe principal de l’Institute for Electronic and
Electrical Engineers, a publié d’importants débats sur la
recherche psi. Le prestigieux Behavioral and Brain Sciences a
recueilli des articles analogues. Un texte en faveur des
investigations télépathiques a été publié en 1994 dans le
Psychological Bulletin, une des grandes revues de la psychologie
académique. La même année, un article de la très réputée
Physical Review présentait un modèle théorique de la
précognition.
Au cours des années 90, des
séminaires sur la recherche psi ont été intégrés au programme
ordinaire des conférences annuelles de l’American Association
for the Advancement of Science, de l’American Psychological
Association et de l’American Statistical Association. Des
conférences sur invitation présentant la recherche psi ont été
données devant des diplomates des Nations unies, des
universitaires de Harvard ou des ingénieurs des Laboratoires
Bell.
Le Pentagone non plus n’est
pas resté indifférent. De 1981 à 1995, cinq commissions
subventionnées par le gouvernement américain ont étudié les
preuves des effets psi : s’ils se révélaient authentiques, ils
pourraient être importants pour des raisons de sécurité
nationale. Il faudrait en effet s’attendre à ce que des
puissances étrangères les utilisent également. Des rapports ont
été établis par le Congressional Research Service, the Army
Research Institute, the National Research Council, the Office of
Technology Assessment et par l’American Institutes for Research,
ce dernier à la demande de la CIA. Malgré des divergences sur
quelques points particuliers, les cinq organismes ont conclu que
les données expérimentales justifiaient des études scientifiques
sérieuses concernant plusieurs phénomènes psychiques.
Le Congressional Research
Service a par exemple conclu en 1981 que
« des expériences récentes
sur la vision à distance suggèrent qu’il existe des
"interconnections" entre l’esprit humain, d’autres esprits et la
matière. Ces interconnections semblent être de nature
fonctionnelle et amplifiées par la volonté ou l’émotion. »
Ce même rapport admet que
plusieurs applications semblent possibles dans le domaine de la
médecine et de l’investigation, avant de conclure sur
« la capacité de l’esprit
humain à obtenir des informations déterminantes à la prise de
décisions adéquates au plus haut niveau ».
En 1985, un rapport destiné à
l’Army Research Institute concluait :
« Le fond de la question est
que les données examinées ici constituent de véritables
anomalies scientifiques pour lesquelles personne n’a
d’explications satisfaisantes. [...] Si elles sont vraiment ce
qu’elles semblent être, leurs conséquences théoriques (et, à la
longue, pratiques) sont énormes. »
En 1987, le National Research
Council a réexaminé la question de la parapsychologie, à la
demande de l’armée américaine. La commission a recommandé que
soient surveillées les recherches poursuivies aussi bien en
Union soviétique qu’aux États-Unis, et que l’armée envisage de
financer des expérimentations en ce domaine car - fait
significatif - elle se reconnaissait incapable de proposer des
alternatives plausibles aux « hypo- thèses psi » pour plusieurs
types d’observations. Le président de cette commission était le
docteur Ray Hyman, professeur de psychologie à l’université de
l’Oregon et sceptique de longue date.
En 1988, il déclara au
Chronicle of Higher Education :
« Les parapsychologues
doivent être heureux. C’est la première fois qu’un comité
gouvernemental estime que leur travail doit être pris au
sérieux. »
En 1989, l’Office of
Technology Assessment a publié le rapport d’un séminaire sur le
statut de la parapsychologie.
Le document s’achevait
ainsi :
« II est clair que la
parapsychologie continue de rencontrer uneforte résistance dans
la communauté scientifique. Le problème est d’amener davantage
de scientifiques à se pencher sur ce domaine et à en examiner
objectivement les résultats expérimentaux, sans que leur travail
soit influencé par des préjugés. Que le jugement final soit
positif, négatif ou mitigé, ce domaine paraît mériter d’être
pris en considération". »
En 1995, à la demande du
Parlement américain, l’American Institutes for Research a
réexaminé les recherches parapsychologiques effectuées par la
CIA, jusque-là protégées par le secret défense. La
statisticienne Jes- sica Utts, de l’université de Californie, en
a conclu :
« Les résultats statistiques
de ces études sont loin de relever du hasard. On ne peut pas
davantage soutenir que ces résultats sont dus à un défaut de
méthodologie. Les mêmes effets, d’une même ampleur, [...] ont
été reproduits dans plusieurs laboratoires à travers le monde.
Une telle cohérence ne peut s’expliquer simplement par l’erreur
ou la fraude. [...] Il faudrait que les prochaines
expérimentations aient pour but de comprendre comment
fonctionnent ces phénomènes et comment les utiliser. Continuer à
chercher des preuves de leur existence ne présente guère
d’intérêt. »
Étonnamment, l’autre
principal membre du comité, le sceptique Ray Hyman, était du
même avis :
« Les écarts statistiques
sont trop importants et cohérents pour être attribués au simple
hasard. [...] J’incline à penser, comme le professeur Utts, que
de véritables effets se produisent au cours de ces expériences.
Quelque chose d’autre que le hasard est intervenu dans ces
expérimentations. »
Certains manuels
d’enseignement supérieur, pourtant toujours rédigés avec la plus
grande circonspection, se font l’écho de telles opinions.
Dans la préface d’un ouvrage
de référence réédité en 1990, Introduction to Psychology, dirigé
par Richard L. Atkinson, on peut désormais lire ceci :
« Les lecteurs noteront le
nouveau passage du chapitre 6 intitulé "Les phénomènes psi".
Dans les éditions précédentes, nous avions évoqué ce domaine de
façon très critique et sceptique. Bien que nous ayons toujours
de fortes réserves concernant la plupart des recherches en
parapsychologie, nous estimons toutefois que les récents travaux
sur la télépathie sont dignes de considération. »
Cette évolution de l’opinion
n’a pas non plus échappé aux grands médias réputés « sérieux ».
En mai 1993, le magazine britannique New Scientist faisait sa
une et proposait un dossier de cinq pages sur la télépathie, qui
commençait ainsi :
« La recherche psychique a
longtemps été récusée comme une affaire de cinglés et de
farceurs. Mais une nouvelle expérience de télépathie rend
perplexes même les plus sceptiques15. » Ces dernières années,
Newsweek, le New York Times Magazine, Psychology Today,
Nightiine, certaines émissions nationales d’informations, des
télévisions et des publications dans le monde entier sont
progressivement passés de la phase 1 à la phase 2 : ils
commencent à publier et à diffuser des reportages qui prennent
la recherche scientifique psi au sérieux.
Mais s’il en est ainsi,
pourquoi n’est-on jamais tenu au courant des dernières
découvertes en la matière ? Pourquoi ce domaine reste-t-il aussi
controversé ? Qui possède des facultés psi ? Comment
opèrent-elles ? Quelles sont leurs implications et leurs
applications ? De telles interrogations sont bien légitimes. Ce
livre tentera d’y répondre, en quatre parties consacrées aux
quatre thèmes généraux suivants : Motivation, Preuves,
Compréhension et Implications.
THÈME 1 : MOTIVATION
Pourquoi devrions-nous
prendre les phénomènes psychiques au sérieux ? La réponse est
apportée par l’expérimentation scientifique. Cependant, pour
comprendre à quel point ces preuves sont convaincantes, et
pourquoi la controverse scientifique persiste, nous devons
emprunter un chemin indirect.
Nous aborderons d’abord le
vocabulaire employé dans la recherche psi, car les confusions
sont souvent dues à l’emploi erroné de termes parfois mal
compris (chapitre 1, p. 25). Suivront des exemples d’expériences
personnelles, qui font entrevoir l’existence et la nature des
phéno- mènes psi (chapitre 2, p. 35). Nous examinerons ensuite
la question de la reproductibilité des faits, qui nous montrera
en quoi consiste une preuve scientifique recevable (chapitre 3,
p. 45). Enfin, la méta-analyse nous fera saisir comment se
mesure cette reproductibilité et pourquoi elle est d’une
importance capitale (chapitre 4, p. 63).
Certes, on trouve les motifs
d’une telle exploration dans les mythologies, les folklores, les
doctrines religieuses et d’innombrables anecdotes individuelles.
Bien qu’elles suffisent à attirer l’attention de tous, ces
histoires et ces confidences personnelles ne fournissent pas la
preuve indiscutable, pour les scientifiques, que les choses sont
réellement ce qu’elles semblent être. Ces récits,
immanquablement influencés par la foi ou par diverses croyances,
peuvent effectivement être véridiques ou non.
Depuis les années 1880 ne
s’accumulent pas moins de nombreuses preuves scientifiquement
valides - données empiriques résultant de recherches
expérimentales contrôlées. Quoiqu’elles soient moins palpitantes
que les anecdotes ou le folklore, ces données ont l’avantage de
satisfaire aux procédures scientifiques en vigueur. Nombre de
scientifiques à travers le monde ont discrètement contribué à
ces études.
Aujourd’hui, après plus d’un
siècle de recherches, une véritable somme de preuves
scientifiques a été accumulée. Contrairement à ce que prétendent
certains sceptiques, la question n’est plus de savoir si ces
preuves existent, mais plutôt de découvrir ce que révèle leur
étude et de s’assurer qu’elles peuvent être reproduites
indépendamment.
Comme nous le verrons, le
problème de la reproductibilité - des chercheurs indépendants et
compétents peuvent-ils approximativement aboutir aux mêmes
résultats chaque fois qu’une expérience est répétée ? - est
fondamental pour établir la véracité scientifique du psi.
THÈME 2 : PREUVES
II s’agit ici de définir les
principales catégories d’expériences psi, ainsi que les preuves
établissant que les effets constatés sont effectivement
reproductibles. Celles-ci reposent sur plus d’un millier
d’expérimentations, examinant diverses formes de télépathie,
clairvoyance, précognition, guérison psychique et psychokinèse
(chapitres 5 à 9). Ces preuves sont suffisamment bien établies
pour que la plupart des chercheurs ne se préoccupent plus,
aujourd’hui, d’en démontrer l’existence. Ils se concentrent
plutôt sur des questions fonctionnelles, en cherchant par
exemple à savoir ce qui influence les effets psi ou à comprendre
leur mode d’action.
Nous verrons également
comment l’expérimentation psi recoupe des aspects plus triviaux
de la vie, notamment au travers des phénomènes de groupe
(chapitre 10, p. 173), des jeux de casino et des loteries
(chapitre 11, p. 191) ou autres applications possibles du psi
(chapitre 12, p. 205).
THÈME 3 :
COMPRÉHENSION
L’abondance des preuves
examinées dans le thème 2 montrera que certains phénomènes psi
existent bel et bien, et qu’ils sont certainement plus
diversifiés qu’on aurait d’abord pu l’imaginer. Cela fait des
années que l’on dispose de la plupart des informations en la
matière. Depuis tout ce temps, on aurait donc pu s’attendre à ce
que la curiosité des scientifiques ait été attisée, à ce que les
crédits affluent et que les chercheurs du monde entier tentent
de reproduire les expériences... Après tout. les implications de
tels phénomènes sont d’une extrême importance, en théorie comme
en pratique. Mais, jusqu’à présent, seuls quelques scientifiques
sont conscients de la validité scientifique du dossier psi, et
un plus petit nombre encore d’entre eux se rendent compte à quel
point l’accumulation de témoignages qui en constituent la preuve
est convaincante. Nous verrons pourquoi dans cette troisième
partie. L’hostilité déclarée d’un groupe relativement restreint,
mais influent, de scientifiques et de philosophes envers le psi
n’est certes pas étrangère à cette attitude (chapitre 13, p.
219) et les informations qui circulaient sur le sujet ont trop
souvent été étouffées ou tournées en ridicule.
Ces inébranlables sceptiques
ont-ils raison, et les scientifiques qui, depuis un siècle, font
état d’expériences psi concluantes ne sont-ils que des illuminés
ou des incompétents ? Ou bien y aurait-il une autre explication
à ce scepticisme ? Nous constaterons que les scientifiques ne
sont pas au-dessus des faiblesses humaines et qu’ils ne font pas
toujours preuve de la rigueur et du rationalisme sans faille que
leur accorde le grand public (chapitre 14, p. 239). L’attitude
qui consiste à adopter certaines croyances et à les défendre
jusqu’à la mort est incompatible avec la science, par essence
constituée de théories en constante évolution. Malheureusement,
ce travers a souvent fait perdurer des conceptions obsolètes et
erronées. Les sceptiques militants ont ce comportement
caractéristique qui les pousse à pro- clamer haut et fort que la
confiance accordée aux phénomènes psi reflète le déclin général
de l’esprit critique. Reste à espérer que ces sceptiques oseront
un jour remettre en cause leurs propres certitudes...
Si l’on veut comprendre
pourquoi le profane a généralement admis l’existence du psi,
alors que la communauté scientifique l’a rejetée, il faut se
reporter aux origines de la science (chapitre 15, p. 251). En
examinant de plus près ce conflit de croyances, on constatera
que la controverse scientifique est davantage liée à la
psychologie, à la sociologie et à l’histoire des sciences qu’aux
preuves elles-mêmes. Les postulats implicites de la science sont
rarement évoqués par les sceptiques lors des débats sur le psi,
sans doute parce qu’ils se réfèrent à une vision du monde
profondément rigide et figée. Il est certes plus facile de
prétexter qu’une erreur s’est éventuellement glissée dans une
expérience isolée pour condamner toute une recherche que de
considérer les résultats de milliers de travaux similaires. Dans
le même ordre d’idées, on peut encore évoquer la façon dont la
science traite les anomalies, les extra-ordinaires « faits
maudits » qui défient l’ensemble des théories en vigueur18. Nous
nous pencherons sur les réactions que ces faits hors du commun
suscitent chez les scientifiques, sur la nature et la valeur des
ano- malies, puis nous verrons quel rôle jouent les
« pré-jugés » - au sens étymologique du terme - dans l’analyse
scientifique. Le cloisonnement des connaissances et des
disciplines scientifiques, l’incompatibilité historique de la
science avec la religion fournissent autant d’explications
permettant de comprendre pourquoi la communauté scientifique n’a
pas voulu s’intéresser aux phénomènes psi, alors qu’elle aurait
dû le faire depuis bien longtemps au seul vu des données
expérimentales. Cependant, même si l’on fait abstraction de ces
diverses considérations, une question fondamentale demeure :
pourquoi s’interroger sur la réalité du psi ?
THÈME 4 :
IMPLICATIONS
Étant donné l’importance des
résultats obtenus en laboratoire, la reconnaissance scientifique
des phénomènes psi est inéluctable. En effectuant des
recoupements théoriques couvrant diverses disciplines, on peut
entrevoir un début d’explication sur le fonctionnement du psi
(chapitre 16, p. 275). Parallèlement aux recherches menées par
de grands laboratoires industriels, des organismes tels que
l’Office of Alternative Medicine du National Institutes for
Heaith, qui étudie le phénomène des guérisons psychiques, font
avancer la recherche psi, tandis que les médias les plus sérieux
se chargent d’en informer le grand public.
A mesure que cette
reconnaissance augmente, les implications du psi deviennent plus
évidentes. Ces phénomènes, nous le savons, mettent en cause des
aspects essentiels de la science, de la philosophie et de la
religion (chapitre 17, p. 287). Ils obligeront les scientifiques
à revoir leurs postulats fondamentaux sur l’espace, le temps,
l’esprit, la matière. Les philosophes devront reprendre
l’immémorial débat sur le rôle de la conscience dans le monde
physique. Les théologiens devront réexaminer le concept
d’intervention divine, car certains phénomènes jusqu’alors
considérés comme miraculeux finiront probablement par recevoir
une explication scientifique.
Toutes ces remises en
question auraient dû intervenir depuis long temps. L’attention
exclusive accordée à la « sphère extérieure » a provoqué une
grave fracture entre la dimension personnelle de l’expérience
humaine et le monde officiel de la science. Les scientifiques
ont délaissé certains concepts d’une valeur humaine primordiale,
tels que l’espoir et la notion de sens. La rupture entre
objectivité et subjectivité a été sommaire ment traitée de
« non-problème » ou de problème réservé à la religion mais
étranger à la science.
Ce clivage a également
entraîné de fâcheuses erreurs technologiques ainsi qu’une
défiance croissante du grand public à l’égard de la science. Ce
qui est fort regrettable car les méthodes scientifiques offrent
des instruments inégalés pour surmonter les limitations
personnelles et essayer d’ap préhender la vérité.
Nous avons vraisemblablement
raison d’espérer que les méthode scientifiques, qui nous ont
aidés à mieux comprendre les galaxies et le gènes, éclaireront
un jour les expériences décrites par les mystiques tout au long
de l’histoire. >>
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